Il faut l’avouer, en tant que développeurs, nous avons acquis des compétences particulières nous octroyant la merveilleuse capacité de…créer. Ça fait un peu « dieu » dit comme ça. Mais créer quoi au fait ? Nous ne sommes pas vraiment ce que l’on appelle « des artistes ». Ou du moins, pas au sens des beaux arts comme on l’entend. Nos outils ne sont pas aussi nobles qu’un pinceau ou qu’un crayon. La création se fait avec des centaines voire des milliers de lignes de code Et oui…c’est nettement moins sexy dit comme ça, mais on aime ça ! Mais quelque part, il y a une graine d’artiste qui sommeille en nous avec un style, par contre, beaucoup plus…geek !
Au-delà de la technique, ce qui importe le plus, c’est bien sûr la finalité (ce que l’utilisateur va bien pouvoir en faire et ce pourquoi il va l’utiliser). Son succès réside bien souvent dans son inventivité, identité, unicité et sa créativité dans la manière dont elle s’utilise (il faut que l’utilisateur y trouve un intérêt, sans quoi elle finit à la poubelle). Dans un monde où tout va vite, c’est l’idée qui est bien souvent la clef et non la manière de la mettre en œuvre.
De plus, compte tenu du contexte économique lié au monde d’internet, il est désormais possible de tirer profit de sa création. Un bon point pour nous, les geeks, faces aux artistes, les vrais. Comment ça ? Il y a deux solutions viables actuellement. La première étant de privilégier les micro-transactions en « commercialisant » son appli. à de très petit prix de l’ordre de 50 centimes d’euros/dollars (ex : iPhone store). La deuxième, surement la plus utilisée, est le recours aux revenus publicitaires (ce qui signifie déjà une orientation axée web). Sur le papier, ça n’a l’air de rien, mais cette modique somme multipliée par 50 000, 100 000, ou 500 000 utilisateurs permet de générer de vrais revenus. En vivre n’est pas usuel et n’arrive qu’à très peu de personnes (on pourra noter la réussite du projet ma-bimbo.com qui est devenu aujourd’hui une entreprise). Généralement, on en tire de petits bénéfices permettant de s’acheter une petite babiole. Mais l’argent, ce n’est pas la finalité recherchée, mais disons que c’est le petit « bonus-track ». Et ce n’est déjà pas si mal que ça !
Adepte des projets « perso », c’est à foison que je me suis exercé dans ma jeune carrière de « développeur ». De manière générale, j’ai toujours réalisé mes projets en fonction des compétences que j’avais à ce moment là. Depuis, j’ai constaté que plus j’accroissais mes compétences, plus j’avais de nouvelles idées de projet aussi folles les unes que les autres. Le hic dans tout ça, c’est véritablement le problème du temps. Impossible d’aller jusqu’au bout d’un projet. Entre l’école, les sorties, les vacances, c’est un hachage continue qui tend à stopper un projet. Depuis le début de mon master MIAGe, j’ai commencé un projet d’une envergure plutôt conséquente visant à développer une plateforme de poker. Ayant touché du doigt plusieurs domaines compliquées, je ne suis même pas arrivé à la moitié de mes objectifs. Beaucoup trop long pour un seul homme. J’étais aux environs de 500 heures de développement. Ce qui fait 62.5 jours homme. Malheureusement, depuis, j’ai acquis de nouvelles compétences rendant quasiment obsolète une grosse partie du moteur de jeu. Il y a tant à refaire par rapport à l’existant : programmation par les patrons, gestion de la persistance, web services, server push, etc. De plus, mes goûts ont changé et ma vision de la « bête » a véritablement évoluée. D’autant plus que je me suis sensibilisé à des problématiques beaucoup plus évidentes et pérennes selon moi (maintenance, vélocité, robustesse, ergonomie, et j’en passe…). C’est pourquoi, pour la première fois de ma vie, j’en suis à écrire les spécifications détaillées avant de commencer le cycle de développement. Et j’espère cette fois-ci pouvoir arriver au bout. C’est devenu, au fil du temps, beaucoup plus qu’un simple projet, c’est un mélange de défi, de curiosité et de volonté de ne pas rester sur un gout d’inachevé. Sachant que cela reste évidemment un plaisir d’occupation.
Le développeur assume à 100% sa pulsion créative et son plaisir réside aussi bien dans la réalisation que dans la satisfaction d’y parvenir. Généralement, les projets sont longs, se segmentent dans le temps et se font très souvent sur le temps libre…d’où le surnom « développeur du dimanche ». Au final, ce qui est le plus drôle, c’est souvent la période où le projet naît. C’est généralement des tas d’idées plus farfelus les uns que les autres. Ca fristouille dans tous les sens !
Il y également ceux qui pense inventer quelque chose de « révolutionnaire », ce développeur fou voudra alors concrétiser cette envie et vivre son rêve jusqu’au bout (on pourrait comparer cette envie à celle de créer une entreprise, ou d’un inventeur et de son invention. Tous les deux sont persuadés que cela va marcher !).
Que ça soit par envi ou par intérêt, le développeur « fabrique » ses programmes ! Utile ou pas utile, cela n’a aucune importance. La finalité est de se faire plaisir. Développer, coder, c’est une vrai passion. Et à ce titre, ça vaut le coup de la vivre à 200% ! N’en n’ayez pas honte !
Romain LAFOND





3 commentaires
Super article !
Je suis maintenant totalement décomplexé par rapport à ma passion du code !!
J’ai aimé lire, Merci Romain!Je pense que tous les développeurs fous se reconnaitront!(Ha!Ha!Ha)
“…Ça fait un peu « dieu »…”,l’histoire de Golem vous connaissez?
Une célébrité a aussi dit que “la programmation est un vélo pour le cerveau”, c’était Steve Jobs ou James Gosling, je m’en souviens plus!
J’ai aussi compris que pour se la couler douce en développement(entre parenthèses),vaut mieux tout d’abord investir du temps et de l’énérgie dans l’étude de la conception,modélisation(UML,MERISE) et toutes les techniques qui vont avec comme les designs-patterns!
J’en suis encore à essayer de les comprendre!
Je suis sûr que c’est un investissement sûr!
Réflexion-Crayon-développement!
et Dieu créat le monde!
c’est vrai que je suis un peu dingue…on me l’a déjà dites!
C’est exactement ça…réflexion, papier, développement. Sans trop non plus passer trop de temps dans la conception, sinon on ne s’appelle plus codeur du dimanche ;). Mais l’idée est bien de ne pas foncer tête baissé…mais pour le savoir, il n’y a pas de secret, faut échouer…et bizarrement ça marche.
“Qui ne tente rien, ne développe rien…” *sifflote*
Romain LAFOND